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← articles plus anciens 09 septembre 2014 rythmes scolaires : des cadenas sautent, mais des verrous restent des irréductibles gaulois ? a ganzeville (seine-maritime), petit village de 67 enfants pour presque 500 habitants, on s’apprêtait une seconde fois à sortir les cadenas pour bloquer les portes de l’école, mercredi 9 septembre. « comme la semaine dernière, nos trois classes seront fermées », expliquait mardi soir jean-marie crochemort, le maire (divers droite) de cette petite commune proche de fécamp comptant parmi la vingtaine entrées en résistance contre la réforme des rythmes scolaires. « je ne sais pas si le préfet enverra les forces de l’ordre ce mercredi, mais je suis sûr, en tout cas, qu’on n’est pas dans l’illégalité cette fois-ci. » c’est que l’élu a remporté, vendredi 6 septembre, une première manche devant le tribunal administratif de rouen : ce dernier a rejeté en référé la requête du préfet de seine-maritime visant à « suspendre les décisions par lesquelles la commune de ganzeville a décidé de maintenir à l’identique les horaires d’ouverture des écoles maternelles et élémentaires pour l’année scolaire 2014-2015 et de ne pas mettre les écoles maternelles et élémentaires en état de fonctionner le mercredi matin ». l’ordonnance souligne que les décisions de la commune « n’ont pas pour effet de réduire la durée obligatoire d’enseignement, soit vingt-quatre heures hebdomadaires, des élèves de ganzeville ». ainsi, elles ne « portent pas atteinte au principe d’égal accès à l’éducation et au principe d’égal accès au service public ». jean-marie crochemort en est certain : la majorité de ses administrés le soutient… encore. « ils était plus de 80 % opposés au changement de rythmes, en juin, assure-t-il, et si l’inquiétude des parents commence à monter, en raison des heures d’école perdues par leurs enfants, je leur rappelle que ce n’est que le deuxième mercredi « cadenassé ». quand on sait que, dans l’année, une enseignante peut être absente trois jours avant d’être remplacée, on est en droit de manier la nuance… » l’élu n’ignore pas que cette victoire « devant le ta » pourrait n’être que provisoire : « nous nous préparons à une deuxième lame, lundi 15 septembre, date à laquelle nous sommes de nouveau convoqués devant le tribunal administratif ». « on est aujourd’hui à fronts renversés ! » « cette victoire est en effet limitée » , confirme valérie piau, avocate en droit de l’éducation, auteure du livre les droits de l’élève. a l’école, au collège, au lycée (2011). « le juge a considéré qu’il n’y avait pas atteinte à une liberté publique, mais il ne s’est pas exprimé sur le fond, à savoir si le maire a – ou non – le droit de ne pas ouvrir l’école le mercredi » – comme l’y enjoint le « décret peillon » du 24 janvier 2013 qui a entériné le retour à la semaine de quatre jours et demi. « si le préfet demande la suspension de la délibération du maire en contestant sa légalité, une autre procédure d’urgence se dessine », ajoute l’avocate, en rappelant que « la plupart des élus, convoqués à la barre, ont admis qu’ils appliqueraient la réforme ». ce fut le cas, lundi, des cinq communes assignées par la préfète de la loire – dont le village de saint-médard-en-forez, où la maire, qui s’était mise en grève de la faim contre le changement de rythmes au début de l’été, est allée jusqu’à ôter la poignée de porte de l’école, mercredi dernier. dominique schmitt, maire du village alsacien d’heiteren (haut-rhin), s’est vu accorder un non-lieu par le tribunal administratif de strasbourg pour avoir, lui aussi, posé des cadenas, mais il s’est engagé à rouvrir l’école chaque mercredi. la quinzaine d’édiles « frondeurs » de l’essonne, département le plus touché par la fronde des maires, ont quant à eux commencé à comparaître devant le tribunal administratif de versailles, mardi 9 septembre. la décision est attendue dans les prochains jours. « les arguments utilisés par les maires frondeurs sont exactement les mêmes que ceux mis en avant lors de l’instauration du service minimum d’accueil par xavier darcos » en 2007-2008, rappelle bernard toulemonde, inspecteur général honoraire et juriste de formation. « les préfets avaient alors massivement saisi les tribunaux administratifs, et il y avait eu des dizaines et des dizaines de contentieux et de référés… c’était alors des municipalités de gauche qui protestaient. on est aujourd’hui à fronts renversés ! » si les poches de résistance semblent se vider, plusieurs maires ex-frondeurs ont d’ores et déjà indiqué qu’ils n’organiseront pas l’accueil des élèves avant les cours, le mercredi, ni même la cantine. des « prérogatives » revenant aux communes mais qui ne sont pas plus obligatoires que l’organisation des activités périscolaires. mattea battaglia publié dans actualité | 31 commentaires 01 juillet 2014 abcd de l’égalité : ce que dit le rapport d’évaluation les abcd de l’égalité étaient-ils devenus cet « étendard » risquant de transformer l’école en un « champ de bataille » ? les mots sont ceux du ministre de l’éducation, benoît hamon, qui, tout en réfutant l’abandon de l’expérimentation sous la pression des « anti-genre », a mis en avant, dans chacune de ses interventions médiatiques – sur france culture le 25 juin, sur france inter le 30 juin – la nécessité de « pacifier » le terrain. un terrain considérablement fragilisé par le mouvement des « journées de retraite de l’école » : c’est ce qu’on comprend à la lecture du rapport d’évaluation des abcd divulgué lundi 30 juin – peu après l’annonce d’un nouveau « plan d’action » pour l’égalité entre filles et garçons. sept des quarante pages du rapport auquel ont participé une dizaine d’inspecteurs généraux, sous la coordination de viviane bouysse, sont consacrées à l’impact du mouvement de contestation lancé par farida belghoul, ancienne figure de la marche des beurs devenue proche de l’idéologue alain soral. une analyse bienvenue, tant on a manqué ces derniers mois d’un décryptage « officiel » du phénomène. dans l’entourage de l’ancien ministre vincent peillon, on avait estimé son impact « circonscrit » à une centaine d’écoles – sur 48 000 – en janvier, 70 en février, autant mi-mars. on sait pourtant que dans un certain nombre de quartiers dits sensibles, à strasbourg, dans le rhône, l’isère, la seine-saint-denis, les absences d’écoliers ont pu dépasser le tiers des effectifs. et que dans certaines écoles, les pires accusations – attentat à la pudeur, attouchements… – ont été proférées à l’encontre d’enseignants, et qu’elles ont trouvé un écho virulent sur les réseaux sociaux. des « dilemmes éthiques » les inspecteurs le reconnaissent : c’est un « phénomène inédit, d’une réelle violence symbolique pour les enseignants et souvent générateur de doutes » qui vient d’arriver. il « bouscule l’école en l’obligeant à réfléchir à tout ce que l’on appelle aujourd’hui « éducation à… » », écrivent-ils. et d’ajouter que « les enseignants ne souhaitent pas prendre le risque d’induire des conflits de valeurs chez les enfants dont elles/ils savent la fragilité et qu’elles/ils respectent ». ce sont bien des « dilemmes éthiques » que ces jre ont réactivé : « comment faire pour que les enfants ne soient pas gênés par les discours et les attentes de l’école quand leur vie personnelle et familiale est nourrie de référents culturels très éloignés de ceux que porte l’institution ? » en menant un travail d’information en direction des familles, répondent les inspecteurs. en prenant, aussi, des « précautions nécessaires » dans l’usage des mots, le choix des concepts. cela concerne, sans surprise, le terme « genre » qui a de toute façon disparu ces derniers mois de la novlangue officielle. « la charge symbolique et fantasmatique de certaines notions associées au concept de « genre » et la relative jeunesse de celui-ci pour le grand public doivent nous engager à la prudence », est-il écrit. mais que penser de ces autres « mots que l’on pense d’usage courant et sans ambiguïté [et qui] peuvent deven